Titre : | Léon Spillaert et son époque | Type de document : | texte imprimé | Auteurs : | Francine-Claire Legrand (1916-1995), Auteur | Editeur : | Tielt : Lannoo | Année de publication : | 1981 | Importance : | 248 p. | Présentation : | ill. en coul. | Format : | 33 cm | ISBN/ISSN/EAN : | 978-90-209-0996-8 | Langues : | Français (fre) | Catégories : | Artiste Histoire de l'art Peintre Peinture
| Tags : | Léon Spilliaert | Index. décimale : | 75 Peinture | Résumé : | Spilliaert naît à Ostende, rue de l’Eglise, le 28 juillet 1881, sous le signe du Lion. Peu après, sa famille s’installe rue de la Chapelle, grand-rue menant de la gare à la mer. Elle appartient à ‘cette espèce de noblesse que formaient les commerçants saisonniers... à la prospérité quiète,’1 car quelques mois de travail intense suffisent à assurer une existence confortable tout au long de l’année. Elle compte de nombreux rentiers et il est admis que les fils de ces familles n’ont pas à ‘gagner leur pain.’ La mère du peintre, née Jonckheere, est une Ostendaise distante, d’une extrême réserve. Très pieuse, elle reçoit chaque mois la visite d’une ‘bonne sœur’ et lui donne ponctuellement ‘une brique,’ c.-à-d. une certaine somme d’argent destinée à l’érection d’un couvent. Elle aura six enfants, Léon, l’aîné, Fernand, qui ne sera jamais autre chose que rentier, Maurice, grand conteur d’histoires, Madeleine, morte à 44 ans, Rachel, à l’intelligence très vive, Maria, la cadette, morte de méningite à sept ans. Le père est parfumeur et, jusqu’en 1907, dirige un salon de coiffure contigu à la parfumerie, décoré dans le style du café Florian, à Venise. Pendant les mois d’hiver, il dessine avec soin des projets de flacons et de boîtes, choisissant les couleurs des papiers et des rubans. Il baptise un des parfums qu’il crée La brise d’Ostende, nom qui, dans les mémoires, reste accolé à sa boutique.
Entre 1904 et 1909, Spilliaert prendra pour modèle ces objets posés devant des miroirs et parfois entre deux miroirs, insérés dans une perspective compliquée, dans laquelle le réel est mis en doute par son reflet.2 Les flacons sont souvent foncés afin de préserver les essences précieuses, mais les boîtes offrent une gamme de couleurs rares qui enchantent l’œil du jeune homme. Leurs formes favorisent des étagements et des décrochements qui, reflétés par les miroirs, prolongent le mystère de leur contenu sous les couvercles mi-clos. Au-dessus, sous globe, une pendule tenue par un sujet sculpté transparaît comme une apparition fantomatique rappelant l’inexorable écoulement du temps. Chef-d’œuvre d’observation en même temps que jeu de l’esprit, ce tableau merveilleux est une des clés de l’originalité précoce de Spilliaert, originalité conditionnée par un ancrage profond dans ce qui est donné à voir et par une longue rêverie au départ de ce spectacle.
La maison est douillette, comme les intérieurs bourgeois d’Ensor, protégée du jour par d’épais rideaux, protégée du bruit par des tapis, hantée [...] (Bibliomania) |
Léon Spillaert et son époque [texte imprimé] / Francine-Claire Legrand (1916-1995), Auteur . - Tielt : Lannoo, 1981 . - 248 p. : ill. en coul. ; 33 cm. ISBN : 978-90-209-0996-8 Langues : Français ( fre) Catégories : | Artiste Histoire de l'art Peintre Peinture
| Tags : | Léon Spilliaert | Index. décimale : | 75 Peinture | Résumé : | Spilliaert naît à Ostende, rue de l’Eglise, le 28 juillet 1881, sous le signe du Lion. Peu après, sa famille s’installe rue de la Chapelle, grand-rue menant de la gare à la mer. Elle appartient à ‘cette espèce de noblesse que formaient les commerçants saisonniers... à la prospérité quiète,’1 car quelques mois de travail intense suffisent à assurer une existence confortable tout au long de l’année. Elle compte de nombreux rentiers et il est admis que les fils de ces familles n’ont pas à ‘gagner leur pain.’ La mère du peintre, née Jonckheere, est une Ostendaise distante, d’une extrême réserve. Très pieuse, elle reçoit chaque mois la visite d’une ‘bonne sœur’ et lui donne ponctuellement ‘une brique,’ c.-à-d. une certaine somme d’argent destinée à l’érection d’un couvent. Elle aura six enfants, Léon, l’aîné, Fernand, qui ne sera jamais autre chose que rentier, Maurice, grand conteur d’histoires, Madeleine, morte à 44 ans, Rachel, à l’intelligence très vive, Maria, la cadette, morte de méningite à sept ans. Le père est parfumeur et, jusqu’en 1907, dirige un salon de coiffure contigu à la parfumerie, décoré dans le style du café Florian, à Venise. Pendant les mois d’hiver, il dessine avec soin des projets de flacons et de boîtes, choisissant les couleurs des papiers et des rubans. Il baptise un des parfums qu’il crée La brise d’Ostende, nom qui, dans les mémoires, reste accolé à sa boutique.
Entre 1904 et 1909, Spilliaert prendra pour modèle ces objets posés devant des miroirs et parfois entre deux miroirs, insérés dans une perspective compliquée, dans laquelle le réel est mis en doute par son reflet.2 Les flacons sont souvent foncés afin de préserver les essences précieuses, mais les boîtes offrent une gamme de couleurs rares qui enchantent l’œil du jeune homme. Leurs formes favorisent des étagements et des décrochements qui, reflétés par les miroirs, prolongent le mystère de leur contenu sous les couvercles mi-clos. Au-dessus, sous globe, une pendule tenue par un sujet sculpté transparaît comme une apparition fantomatique rappelant l’inexorable écoulement du temps. Chef-d’œuvre d’observation en même temps que jeu de l’esprit, ce tableau merveilleux est une des clés de l’originalité précoce de Spilliaert, originalité conditionnée par un ancrage profond dans ce qui est donné à voir et par une longue rêverie au départ de ce spectacle.
La maison est douillette, comme les intérieurs bourgeois d’Ensor, protégée du jour par d’épais rideaux, protégée du bruit par des tapis, hantée [...] (Bibliomania) |
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